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Centre intégré de santé et de services sociaux des Laurentides.
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Portrait de santé de la population de la région des Laurentides

 

Février 2014

 Portrait de santé 2013 (2.8 Mo)
 Tiré à part du portrait de santé 2013 (306 Ko)

Résumé :

Avec ses 569 049 habitants en 2012, la région des Laurentides représente 7 % de la population du Québec. La région couvre un vaste territoire de 21 554 km2 dont l’occupation et la vocation diffèrent selon les territoires. Composée de sept territoires de réseaux locaux de services (RLS), ceux du sud sont plus densément peuplés et urbanisés alors que les territoires du nord, ruraux, comportent davantage de petites agglomérations. La région se démarque par :

  • une croissance démographique parmi les plus fortes au Québec;
  • un vieillissement marqué de sa population;
  • une plus grande proportion de jeunes.

Globalement, la région connaît des conditions socioéconomiques plutôt favorables au chapitre du revenu et de l’emploi. Il existe toutefois des disparités importantes entre ses territoires et à l’intérieur de ceux-ci. Ses caractéristiques socioéconomiques ont un impact sur l’état de santé de la population.
 

Les habitudes de vie constituent des facteurs de risque importants dans le développement des maladies chroniques
Les maladies chroniques, telles que le cancer, les maladies cardiaques et les maladies respiratoires, causent environ 70 % des décès. Les constats suivants sur les maladies chroniques 1) soulignent des tendances, 2) soulèvent des problèmes de santé pour lesquels la région se distingue défavorablement du Québec.

  • On observe une diminution de la mortalité par maladies chroniques chez les hommes. 
  • La région se distingue du Québec par une mortalité plus élevée chez les femmes, notamment la mortalité par cancer du poumon et par maladies respiratoires. Cela pourrait découler de leurs habitudes tabagiques antérieures.
  • La région présente également une mortalité plus élevée par cancer de la peau, qui suit une tendance à la hausse. Ce type de cancer est associé à l’exposition aux rayons ultraviolets. D’ailleurs, les comportements à risque lors de l’exposition au soleil sont très répandus dans la région.
  • L’hypertension et le diabète contribuent au développement de maladies chroniques, telles que les maladies cardiovasculaires. On retrouve 19 % de la population qui souffre d’hypertension et 7,3 % de diabète. Ces maladies en augmentation sont souvent associées au surplus de poids, qui affecte plus de la moitié de la population adulte.

Plusieurs de ces maladies chroniques sont évitables par l’adoption de saines habitudes de vie. Les trois quarts de la population laurentienne ont au moins une habitude de vie à améliorer. En fait, dans la population :

  • près des deux tiers des adultes ne sont pas suffisamment actifs durant leurs loisirs;
  • la moitié ont une consommation insuffisante de fruits et de légumes;
  • un quart fument la cigarette, dont une forte proportion des jeunes de 18 à 24 ans (32 %).

Même si l’exposition des non-fumeurs à la fumée de tabac est en diminution, l’exposition régulière au domicile demeure plus importante dans la région qu’au Québec (13 % c. 9 %). De plus, au-delà du quart des jeunes non-fumeurs sont exposés régulièrement à la fumée de tabac à la maison.
 

Les maladies infectieuses sont en contrôle sauf pour les infections transmissibles sexuellement et par le sang
Les données indiquent que plusieurs infections transmissibles sexuellement et par le sang (ITSS) sont en progression importante au Québec et dans la région, surtout chez les jeunes de 15 à 24 ans. Plus spécifiquement, on remarque :

  • que le nombre de nouveaux cas de chlamydiose génitale par rapport à la population est plus élevé dans la région qu’au Québec;
  • la réapparition de cas de la syphilis, qui est désormais présente même chez des jeunes de 15 à 19 ans;
  • que le nombre de nouveaux cas d’hépatite C est particulièrement élevé et constant dans la région chez les populations vulnérables.

La vaccination est une mesure essentielle pour contrôler l’apparition de nouveaux cas de plusieurs maladies infectieuses. Toutefois, pour que cette mesure soit efficace, il faut maintenir des taux de couverture vaccinale élevés dans l’ensemble de la population. On observe dans la région que :

  • la proportion de nourrissons vaccinés ainsi que le respect des délais prescrits dans le calendrier de vaccination sont à améliorer;
  • la baisse des taux de vaccination contre le virus du papillome humain (VPH) et l’hépatite B chez les élèves est préoccupante. 

La santé mentale et l’adaptation sociale à ne pas négliger
Plusieurs facteurs influencent l’état de santé mentale et psychosociale. Il s’agit principalement du revenu, de la scolarité, du soutien social, du stress, du travail, de l’estime de soi et de la santé physique. À son tour, la santé mentale peut jouer un rôle dans la délinquance et les actes criminels. Même si plus des trois quarts des résidants de la région perçoivent leur santé mentale positivement, plusieurs font face à des problèmes de santé mentale et d’adaptation sociale. En fait, on observe que :

  • environ 10 % de la population souffre de troubles mentaux (ex. : dépression, anxiété);
  • la problématique du suicide demeure préoccupante même si elle est en diminution;
  • la criminalité est plus élevée et les victimes de violence sont plus nombreuses dans la région qu’au Québec.

L’intensité des liens qui unissent les membres d’une collectivité peut favoriser une bonne santé psychosociale. Cet aspect pourrait être renforcé dans la région, car certaines données indiquent qu’elle est plus faible qu’au Québec.

Les blessures sont fréquentes
Les traumatismes non intentionnels sont des blessures involontaires survenues, par exemple, suite à des accidents, des chutes, des intoxications ou des brûlures. Elles peuvent avoir des conséquences importantes sur la santé et occasionner des limitations d’activités, des hospitalisations et même des décès. Plus de 10 % des personnes rapportent avoir eu une blessure grave durant l’année. Les sports et le travail sont impliqués dans une partie importante des blessures. D’ailleurs, près du quart des travailleurs sont exposés à un niveau élevé de contraintes physiques au travail pouvant les rendre plus à risque de blessures.

Les accidents de véhicules à moteur sont responsables d’une grande partie des décès par traumatisme, particulièrement chez les jeunes et les hommes. Les chutes constituent la principale cause d’hospitalisations pour traumatismes non intentionnels surtout chez les aînés. La région se démarque du Québec par davantage d’hospitalisations :

  • causées par une chute chez les moins de 65 ans;
  • causées par des accidents de véhicules hors route.

La santé des nouveau-nés sur la bonne voie
Près de 6 000 enfants naissent chaque année dans la région des Laurentides. La majorité d’entre eux sont en bonne santé. Toutefois, certains sont à risque de développer des problèmes de santé et de décès, tels que les nouveau-nés prématurés et de faible poids à la naissance. Les conditions comme la scolarité de la mère, l’âge de cette dernière, ses habitudes de vie durant la grossesse, particulièrement le tabagisme et l’organisation des soins et services périnataux constituent des facteurs importants de la santé du nourrisson. Les données indiquent que :

  • la mortalité périnatale décroît et est même inférieure dans la région qu’au Québec;
  • les naissances de faible poids diminuent, alors que celles prématurées augmentent légèrement.

L’allaitement maternel constitue un facteur protecteur pour la santé des bébés et des mères. En effet, l’allaitement est bénéfique au bien-être de l’enfant, à son développement global et diminue le risque d’être affecté par plusieurs maladies. Bien que plus de 85 % des bébés soient allaités à la naissance, très peu bénéficient d’un allaitement exclusif jusqu’à 6 mois (5  %). Cette pratique pourrait être améliorée étant donné que l’intensité des effets de l’allaitement maternel est liée à la durée et à l’exclusivité de l’allaitement.

Santé des jeunes : des problèmes d’adaptation sociale et des comportements à risque
La majorité des jeunes sont en bonne santé. Néanmoins durant l’enfance, des proportions importantes de jeunes vivent des difficultés socioémotionnelles. Lorsqu’elles persistent, ces difficultés peuvent se traduire par des problèmes d’adaptation à long terme. On remarque dans la région :

  • davantage de signalements à la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ) qu’au Québec;
  •  une hausse de la criminalité chez les jeunes;
  • plus de victimes de délits sexuels.

On observe aussi que davantage d’élèves du secondaire expérimentent des comportements à risque pour leur santé. Par exemple, une plus grande proportion d’élèves de la région comparée au Québec :

  • ont consommé de l’alcool (64 % c. 60 %) et en ont consommé de façon excessive (46 % c. 41 %);
  • ont consommé de la drogue (29 % c. 26 %);
  •  fument la cigarette (13 % c. 11 %);ont eu des relations sexuelles (42 % c. 37 %) et le tiers de ceux-ci n’a pas utilisé de condom.

Un point positif à souligner est la diminution du décrochage scolaire. Toutefois, les efforts sont à poursuivre afin de pouvoir observer un effet bénéfique sur l’adaptation et l’intégration tout au long de la vie.

Les aînés : prévenir la perte d’autonomie

Même si plus des trois quarts des aînés se perçoivent en bonne santé, la majorité est aux prises avec un problème de santé chronique. Il s’agit principalement de l’hypertension artérielle (48 %), de l’arthrite (28 %), du diabète (19 %), des maux de dos (22 %) et des maladies cardiaques (17 %). La combinaison de plusieurs problèmes de santé augmente les risques de perte d’autonomie.

Un peu plus du quart déclarent souffrir d’une incapacité. Cette proportion augmente avec l’âge et conduit plus du tiers des personnes de 75 ans ou plus à avoir besoin d’aide dans leurs activités de la vie quotidienne. On retrouve également plus d’un aîné sur trois de ce groupe d’âge qui vit seul. Le soutien social de ces personnes est malheureusement plus faible. Ceci soulève l’importance de conserver l’autonomie des aînés.

Avec l’accroissement marqué de la population âgée de la région, la prévention des maladies chroniques et le maintien de l’autonomie des aînés sont des stratégies qui permettront de diminuer les impacts du vieillissement sur les services de santé dans la région.  

Dernière mise à jour le : 21 mars 2017


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