La Direction de santé publique du CISSS des Laurentides souhaite mieux faire connaître le risque que représente l'exposition au radon dans les habitations. Nous voulons ainsi vous inciter à prendre les mesures nécessaires pour protéger votre santé et celle de votre famille.

Le radon, un gaz radioactif qui s'infiltre dans votre maison

Le radon est un gaz radioactif d'origine naturelle présent partout à la surface de la Terre. Il provient de la désintégration de l'uranium dans la croûte terrestre. À l'extérieur, le radon se dilue rapidement dans l'atmosphère et ne pose pas de problème de santé. Par contre, il faut se préoccuper du radon qui pénètre à l'intérieur des habitations.

En effet, le radon s'infiltre dans les maisons par les fondations, à travers les fissures du béton, les sols en terre battue, les puisards ou les joints. Plus lourd que l'air, il a tendance à s'accumuler dans les pièces les plus basses et les moins ventilées (au sous-sol par exemple). Comme il est invisible et sans odeur, on ne peut pas le détecter par les sens.

Le becquerel est l'unité de mesure du radon. Il correspond à son activité radioactive. On mesure la concentration de radon dans l'air en becquerels par mètre cube (Bq/m³).

En général, la concentration de radon dans l'air intérieur est relativement faible (en moyenne 30 à 35 Bq/m³ dans les sous-sols) et ne pose pas de risque significatif. Toutefois, il arrive que le radon se concentre à des niveaux élevés, par exemple si une maison est construite au-dessus d'une formation géologique riche en uranium.

Si le niveau de radon est élevé chez vous, il y a alors un risque pour la santé de votre famille, car il est prouvé que l'inhalation de fortes concentrations de radon pendant plusieurs dizaines d'années peut augmenter le risque de contracter un cancer du poumon.  

Radon et eau de puits

Le radon peut se dissoudre dans l'eau, particulièrement dans l'eau des puits en profondeur. Lorsque l'on prend une douche ou que l'on ouvre un robinet pour tout autre usage, l'eau qui coule se dégaze, comme l'eau gazeuse d'une bouteille que l'on ouvre. Du radon est ainsi libéré dans l'air, mais en faible quantité, habituellement quelques Bq/m3. L'inhalation du radon qui s'infiltre dans votre maison à travers le sol est généralement un risque beaucoup plus grand. Notez que boire de l'eau contenant du radon n'est pas considéré comme dangereux, en général.

Il n'y a qu'un seul moyen de connaître le niveau d'exposition au radon dans votre maison, c'est de le mesurer.

Ce n'est pas parce vous habitez un secteur propice aux émanations de radon qu'il y a nécessairement de fortes concentrations de radon dans votre maison. Inversement, habiter un secteur moins à risque ne garantit pas que votre maison soit exempte de radon.

Plusieurs facteurs entrent en jeu :

  • les caractéristiques du sol (teneur en uranium, perméabilité, porosité, humidité...);
  • le climat (température, vent, pression barométrique, précipitations...);
  • le type de maison (bungalow, condo, etc.);
  • le type de construction (bâtiment en pente, vide sanitaire, sous-sol non fini, matériaux, points d'infiltration, taux de renouvellement de l'air, etc.);
  • l'état des fondations (lézardes, ouvertures multiples, etc.);
  • la présence d'appareils ou d'autres facteurs pouvant affecter la pression intérieure (ventilateur d'extraction, foyer, sèche-linge, aspirateur centralisé, chaudière de chauffage, toiture non étanche, fenêtres ouvertes, etc.).

Pour en connaître davantage sur la détection du radon, nous vous référons au site :

/typo3conf/l10n/fr/rtehtmlarea/Resources/Private/Language/fr.locallang_accessibilityicons.xlf:external_link_new_window_altTextÉmission Découverte de Radio-Canada

Le radon peut causer le cancer du poumon

L'exposition au radon est la deuxième cause de mortalité par cancer du poumon après le tabagisme, et la première chez les non-fumeurs. Les études réalisées à l'échelle internationale estiment que 3 à 14 % de tous les décès par cancer du poumon sont associés au radon (OMS, 2009). Une publication récente de Santé Canada rapporte qu'au pays, près de 16 % des décès par cancer du poumon pourraient y être associés.

Si vous et votre famille respirez durant plusieurs dizaines d'années un air contenant de fortes concentrations de radon, votre risque de contracter un cancer du poumon est supérieur à celui de l'ensemble de la population.

On considère qu'il n'y a pas de risque " zéro ". L'ampleur du risque de cancer dépend du niveau de radon dans le bâtiment, de la durée de l'exposition et du fait que les occupants soient fumeurs ou non.

En effet, le risque relié au radon est beaucoup plus important si la personne exposée est fumeuse

Par exemple, comme le montre le tableau ci-dessous, un non-fumeur exposé 8 heures par jour durant toute sa vie à 800 Bq/m³ a une chance sur vingt (5 %) de contracter un cancer du poumon, alors que ce risque augmente considérablement pour un fumeur exposé aux mêmes conditions, soit une chance sur trois (30 %).

Risque de contracter un cancer du poumon pour un individu exposé au radon durant sa vie entière

Exposition pendant 70 ans, 8 heures par jour 

  • exposition moyenne à 800 Bq/m3 pour un fumeur 30 % et pour un non-fumeur, 5 %;
  • exposition moyenne à 200 Bq/m3 pour un fumeur 17 % et pour un non-fumeur, 2 %;
  • exposition moyenne au niveau de radon à l’extérieur (15 Bq/m3) pour un fumeur 12 % et pour un non-fumeur, 1 %.

(Santé Canada 2007)

Le radon n'est associé à aucun autre problème de santé. Par exemple, il ne donne pas de bronchite, d'asthme ou de maux de tête. Il ne cause pas non plus de malformation congénitale ni aucune autre forme de cancer.

La plupart des organismes de santé publique à travers le monde, Santé Canada et le ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec considèrent que le radon est un risque à la santé et interviennent chacun à leur niveau respectif pour diminuer l'exposition de la population à ce gaz. La Direction de santé publique des Laurentides intervient au niveau régional.

Même s'il est encore mal connu de la population, le risque de cancer du poumon associé à l'exposition au radon d'origine naturelle dans les maisons est bien réel et il peut être contrôlé.

Protéger votre famille de ce risque est souvent simple et peu coûteux. Vous pouvez le faire efficacement, en deux étapes :

  • mesurer la concentration de radon dans votre maison;
  • effectuer les travaux correctifs, si nécessaire.

Pour en connaître davantage sur le radon, nous vous référons aux sites suivants :

Votre maison est-elle trop exposée au radon?

Le seul moyen de connaître la concentration de radon chez vous est de la mesurer à l'aide d'un petit appareil qui tient dans la main, appelé dosimètre. Vous pouvez facilement effectuer ce test vous-même ou confier cette tâche à des professionnels.

Concentration de radon à ne pas dépasser

Le dosimètre mesure la concentration de radon becquerels par mètre cube d'air (Bq/m³). Santé Canada a adopté une ligne directrice recommandant d'effectuer des travaux correctifs si la concentration moyenne annuelle dépasse 200 Bq/m3 dans une maison.

Pour des résultats de test fiables :

  • mesurer la concentration de radon sur une période d'au moins trois mois, en hiver (ou durant la période de chauffage entre octobre et avril). Les tests de courte durée ne sont pas recommandés, car les concentrations en radon peuvent varier selon les jours, les heures et les saisons;
  • le dosimètre devrait être placé dans une pièce occupée au moins quatre heures par jour dans le sous-sol (ou au rez-de-chaussée, si le sous-sol est rarement occupé ou inexistant), car le radon étant un gaz lourd, il a tendance à s'accumuler dans les pièces les plus basses et les moins ventilées de la maison;
  • vous pouvez avoir recours à une firme spécialisée pour faire le test. Santé Canada et le MSSS reconnaissent le programme canadien de certification, soit le /typo3conf/l10n/fr/rtehtmlarea/Resources/Private/Language/fr.locallang_accessibilityicons.xlf:external_link_new_window_altTextProgramme national de compétence sur le radon au Canada (PNCR-C);
  • si vous faites le test vous-même, procurez-vous un dosimètre certifié et approuvé par Santé Canada. On peut l'obtenir de l'Association pulmonaire du Québec, pour moins de 50 $ (prix comprenant l'analyse des résultats) ou auprès de CAA Québec. Certaines quincailleries offrent également des trousses d'analyse.

On peut trouver de fortes concentrations de radon même dans les secteurs moins à risque. La concentration de radon peut varier considérablement d'une maison à l'autre, dans un même quartier : on ne peut pas se fier aux concentrations mesurées dans les maisons voisines.

Pour en connaître davantage sur le radon, nous vous référons aux sites suivants :

Comment protéger votre famille

Si vous avez mesuré un niveau trop élevé de radon dans votre maison, il existe des moyens efficaces de l'abaisser. Des travaux correctifs peuvent être réalisés, souvent à peu de frais, pour assainir l'air. Santé Canada recommande d'effectuer ces travaux lorsque la concentration moyenne annuelle de radon dépasse 200 Bq/m³ d'air dans les pièces normalement occupées de la maison.

Plus la concentration est élevée, plus il faut agir rapidement.

Délai recommandé pour la réalisation de travaux correctifs

  • moins de 200 Bq/m3 - aucune correction nécessaire;
  • entre 200 et 600 Bq/m3 - dans un délai inférieur à 2 ans;
  • plus de 600 Bq/m3 - dans un délai inférieur à 1 an.

On devrait viser à réduire la concentration de radon à l'intérieur de l'habitation au plus bas niveau qu'on puisse raisonnablement atteindre.

Travaux d'assainissement de l'air

  • augmenter la ventilation pour permettre un meilleur échange d'air;
  • boucher les fissures et les ouvertures dans les murs, les planchers de fondation et autour des tuyaux et des drains.

Parfois, il faut recourir à des travaux plus complexes, telle l'installation d'un système de dépressurisation active du sol. Le coût des travaux peut varier de 500 à 3 000 $, selon les techniques et les matériaux utilisés.

IMPORTANT
L'évaluation des travaux à effectuer nécessite une expertise particulière au radon que les entrepreneurs en ventilation et climatisation ne possèdent pas nécessairement. Il est très important de faire appel à un entrepreneur qualifié ayant obtenu une accréditation reconnue par Santé Canada et le ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec. On peut consulter la liste de ces entreprises sur le site du /typo3conf/l10n/fr/rtehtmlarea/Resources/Private/Language/fr.locallang_accessibilityicons.xlf:external_link_new_window_altTextProgramme national de compétence sur le radon au Canada (PNCR-C) de Santé Canada (1 800 269-4174).

L'évaluation des travaux à effectuer doit être confiée à des experts qualifiés et accrédités. Comme pour tout projet de rénovation, il est conseillé d'obtenir un devis auprès de plus d'un entrepreneur afin de pouvoir choisir celui qui vous convient le mieux. Vous pouvez réaliser les travaux vous-même, d'après le devis, si vous avez le savoir-faire requis.

Pour plus de renseignements sur le radon, nous vous référons aux sites suivants :

Barrer la route au radon dans les nouvelles constructions

Vous prévoyez construire une nouvelle maison? Pensez à vous protéger du radon avant de commencer vos travaux. Demandez à votre constructeur d'inclure des techniques de construction préventives dès la conception des plans.

Quel que soit le terrain, on ne peut pas connaître d'avance le risque de pénétration du radon. Il vaut donc mieux réduire au minimum les infiltrations au moment de la construction; c'est beaucoup plus simple et moins coûteux que de corriger la situation par la suite.

Le Code national du bâtiment 2015 comprend des exigences relatives à la protection de base contre l'exposition au radon, notamment la pose d'une membrane sous la dalle de béton et l'obligation de mettre en place des canalisations permettant d'installer ultérieurement un système d'évacuation des gaz (système de dépressurisation installé sous la dalle de plancher) au besoin. Ces dispositions doivent être prises quel que soit le lieu où se trouve le terrain où l'on projette de construire un nouveau bâtiment.

Dans la région des Laurentides, les municipalités d'Oka, de Saint-André-d'Argenteuil et de Saint-Joseph-du-Lac ont adopté un règlement qui impose aux entrepreneurs de construire les nouveaux bâtiments à l'aide de techniques qui réduisent au minimum l'entrée de radon et facilitent l'élimination du radon après la construction.

Pour plus de renseignements sur le radon, nous vous référons aux sites suivants :  

Certains secteurs des Laurentides sont propices aux émanations de radon

En général, la population québécoise semble relativement peu exposée au radon dans les bâtiments. Toutefois, dans la région des Laurentides ainsi que dans quelques autres régions du Québec, certains secteurs sont plus propices aux émanations de radon.

Pour ce qui est des Laurentides, on a mesuré des concentrations nettement plus élevées que la moyenne québécoise dans des secteurs d'Oka, de Saint-Joseph-du-Lac, de Saint-André-d'Argenteuil et de la MRC d'Antoine-Labelle. Ces secteurs sont situés sur des formations géologiques riches en uranium.

La Direction de santé publique des Laurentides y est intervenue, en collaboration avec les municipalités concernées, afin de protéger la santé de la population.

Ces interventions ont eu lieu dans les années 1990 à Oka, Saint-Joseph-du-Lac et Saint-André-d'Argenteuil. Il s'agissait de la première opération du genre au Québec. Dans les années 2000, certaines municipalités de la MRC d'Antoine-Labelle ont à leur tour fait l'objet de mesures de protection particulières par rapport au risque d'exposition au radon dans les habitations : information de la population, mesure des taux d'exposition, encouragement à effectuer les travaux correctifs nécessaires.

Si vous habitez dans un de ces secteurs propices aux émanations de radon, il est toujours temps de mesurer le radon dans votre maison pour protéger votre famille, si vous ne l'avez pas encore fait. Rappelons que même si vous n'habitez pas dans un secteur à risque, ça ne garantit pas que votre maison soit exempte de radon.

La Direction de santé publique des Laurentides encourage toutes les municipalités et en particulier celles qui sont situées dans des secteurs à risque à mettre de l'avant des règlements municipaux concernant la construction de maisons neuves, en conformité avec la ligne directrice de santé Canada sur le radon et le Code national du bâtiment - Canada 2015.

Par son action à Oka et Saint-Joseph-du-Lac, la Direction de santé publique des Laurentides, appuyée financièrement par la Régie régionale de la santé et des services sociaux des Laurentides, a contribué, durant les années 1990 et 2000, à faire avancer la recherche sur le radon dans l'air intérieur. La Direction de santé publique des Laurentides continue d'exercer sa vigilance dans notre région et elle prête son expertise au niveau provincial, notamment au sein du Démarre le chargement du fichierComité intersectoriel québécois sur le radon.

Radon et exploitation minière

C'est la riche teneur en uranium du sol au-dessous et immédiatement autour des fondations de la maison qui peut être un facteur de risque. L'exploration ou l'exploitation d'une mine d'uranium (ou de tout autre minerai) à proximité n'a aucun effet sur les concentrations de radon dans l'air intérieur de votre maison. Elles ne sont donc pas considérées comme un facteur de risque supplémentaire à cet égard.

Dépistage du radon dans les écoles du Québec

En août 2011, le ministère de I'Éducation et de I'Enseignement supérieur (MEES) a lancé une opération de dépistage du radon dans toutes les écoles du Québec. À terme, près de 4000 bâtiments scolaires seront testés. Amorcée durant l'été 2011, cette opération a pour objectif d'améliorer les connaissances sur le radon et de s'assurer que les élèves et le personnel ne soient pas exposés à des concentrations de radon menaçant leur santé.

Les travaux correctifs nécessaires seront effectués dans toutes les écoles où on aura mesuré des concentrations excédant le seuil de 200 Bq/m³. Tous les parents concernés seront avisés de l'étude et informés de ses résultats par la suite.

Ce dépistage fait suite à un projet pilote auquel ont participé 65 écoles primaires du Québec, dont 22 écoles de la Commission scolaire Pierre-Neveu, située dans la MRC d’Antoine-Labelle. Ce projet pilote a été mené en 2010 par le ministère de la Santé et des Services sociaux, en collaboration avec le ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport, l’Institut national de santé publique du Québec et Santé Canada. Il a été réalisé dans trois régions susceptibles de présenter des zones à risque élevé d’émanations de radon, soit les Laurentides, la Gaspésie et l’Outaouais.

L'opération de dépistage du radon dans les écoles du Québec contribuera à préciser les zones du territoire québécois propices aux émanations de radon et à mieux faire connaître la problématique du radon, en particulier aux gestionnaires d'édifices publics, aux municipalités et à la population générale par l'intermédiaire des familles des élèves.

Le dépistage du radon dans les écoles est l’une des premières mesures préconisées par le Démarre le chargement du fichierComité intersectoriel québécois sur le radon créé en 2007 par le ministère de la Santé et des Services sociaux. Ce comité a été mis sur pied à la suite des premières campagnes de protection de la santé publique réalisées dans les Laurentides et à la lumière des plus récentes études scientifiques. Il a élaboré un Démarre le chargement du fichierPlan d’action intersectoriel sur le radon ayant pour but de réduire le risque de cancer du poumon associé à la présence de radon dans l’air intérieur au Québec. 

D’autres ministères membres du Démarre le chargement du fichierComité intersectoriel québécois sur le radon ont mis en place des programmes de dépistage. En 2015, le ministère de la Famille a recommandé à tous les services de garde de procéder à une mesure de radon. De son côté, la Société d’habitation du Québec a effectué un projet pilote dans des HLM de la Gaspésie afin d’étendre éventuellement le dépistage à tous les HLM sous sa compétence au Québec.

Pour plus de renseignements sur le radon, nous vous référons au site suivant : /typo3conf/l10n/fr/rtehtmlarea/Resources/Private/Language/fr.locallang_accessibilityicons.xlf:external_link_new_window_altTextINSPQ - Institut national de santé publique du Québec - Le radon au Québec - Évaluation du risque à la santé et analyse critique des stratégies d’intervention